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Face à l’endométriose, un physiothérapeute de Rumelange redonne mobilité et espoir aux femmes

  • 15 mars
  • 6 min de lecture

Les personnes concernées souffrent souvent de douleurs chroniques et de tensions pendant les règles. La physiothérapie peut constituer un traitement complémentaire efficace.


Les femmes qui ont des règles douloureuses n'ont pas été prises au sérieux pendant longtemps, estime le physiothérapeute Adrien Bauer.  © PHOTO: Marc Wilwert
Les femmes qui ont des règles douloureuses n'ont pas été prises au sérieux pendant longtemps, estime le physiothérapeute Adrien Bauer.  © PHOTO: Marc Wilwert

« Je voulais comprendre cette maladie que certaines femmes de mon entourage ont et qui leur cause tant de souffrances ». Adrien Bauer est physiothérapeute à Rumelange et suit régulièrement des patientes atteintes d’endométriose. Installé dans la Minett depuis deux ans, il avait auparavant exercé plus de dix ans en France. Lors de sa formation à Kehl, dans le land du Bade-Wurtemberg, ce sujet n’était pas abordé, il s’est donc formé en autodidacte.


Ce qu’il a appris l’a bouleversé : « Je n’arrivais pas à croire que l’origine de cette maladie reste inconnue et que le diagnostic prend en moyenne sept à dix ans. Parallèlement, une femme sur dix en âge de procréer est touchée. Je me demandais: ‘Combien doivent souffrir pendant toutes ces années ? ».


Une maladie qui touche tout le corps

 

Dans l’endométriose, un tissu similaire à la muqueuse utérine se développe en dehors de l’utérus, par exemple sur le péritoine, les ovaires, les parois intestinales ou la vessie. Plus rarement, il peut apparaître sur le diaphragme ou les poumons. Selon les connaissances actuelles, l’endométriose n’est pas seulement une maladie gynécologique, mais une affection globale qui provoque des inflammations chroniques dans tout le corps.


« Trop longtemps, les femmes souffrant de règles douloureuses n’ont pas été prises au sérieux », déplore Bauer. « On leur disait: ‘Reprends-toi !’. C’est triste qu’il y ait des femmes dont la vie est ainsi bouleversée. Elles mériteraient une meilleure prise en charge ». Cela le motive à explorer de nouvelles thérapies. Une décision qui s’avère juste, car la physiothérapie joue un rôle central dans la gestion de la douleur, offrant de nombreuses possibilités d’agir activement contre celle-ci.


Adrien Bauer travaille depuis deux ans comme physiothérapeute à Rumelange. © PHOTO: Marc Wilwert
Adrien Bauer travaille depuis deux ans comme physiothérapeute à Rumelange. © PHOTO: Marc Wilwert


Les symptômes de l’endométriose

 

L'endométriose provoque une variété de symptômes, allant de douleurs dans le bas du dos, le bassin et l'abdomen, à des menstruations douloureuses et irrégulières, affectant la vie quotidienne et la fertilité. Les douleurs s'intensifient pendant les menstruations, les rapports sexuels et la défécation, et peuvent être accompagnées de crampes, ballonnements et nausées. L'inflammation due à l'accumulation de sang de l'endomètre ectopique peut entraîner des lésions et kystes, aggravant la douleur et impactant négativement le travail, les activités quotidiennes, et la vie de couple, réduisant la fréquence des rapports sexuels et les chances de conception.

 

Chaque cas est différent

 

L’évolution de la maladie, ainsi que la douleur et les symptômes, varient d’une patiente à l’autre, selon l’emplacement des lésions. Adrien Bauer cherche à comprendre tout cela lors du premier entretien : « Nous posons des questions sur les antécédents, les douleurs et symptômes. Une fois que nous savons ce qui affecte la personne, nous réalisons différents tests, comme des palpations, pour identifier les zones douloureuses ».


L’objectif est de soulager la douleur, améliorer la mobilité et restaurer la fonction des structures concernées, par exemple grâce à des massages abdominaux, du drainage lymphatique, des applications de chaleur ou des exercices ciblés.


La plupart des patientes ont déjà reçu un diagnostic. Un diagnostic précoce est un avantage : « Il vaut mieux éteindre un petit feu qu’un grand. Plus le traitement commence tôt, mieux la maladie peut être maîtrisée et plus la qualité de vie s’améliore ».


Seule une cœlioscopie permet un diagnostic certain. Certaines patientes consultent pour des douleurs chroniques pelviennes ou dorsales. Adrien Bauer, en posant des questions sur les symptômes, peut orienter vers des spécialistes en cas de suspicion d’endométriose: « Je vois la personne dans sa globalité. Je ne peux pas poser le diagnostic, mais je peux rédiger un compte rendu indiquant que Madame X présente tels symptômes et qu’une exploration pour endométriose serait pertinente ».


Adrien Bauer : «C’est triste qu’il y ait des femmes dont la vie est ainsi bouleversée. Elles mériteraient une meilleure prise en charge.»

Le cercle vicieux de la douleur et de la tension


L’endométriose peut affecter profondément l’appareil locomoteur. Les douleurs chroniques, surtout pelviennes, déclenchent un cercle vicieux: le corps se protège en contractant les muscles, ce qui génère de nouvelles douleurs. « Beaucoup de femmes adoptent alors une posture caractéristique: ventre et bas du corps contractés, torse penché vers l’avant. Cela bloque la circulation sanguine ».


Un plancher pelvien tendu peut aussi perturber la fonction des organes pelviens et provoquer douleurs lors des rapports sexuels, incontinence ou difficultés à évacuer. La physiothérapie intervient alors, par des exercices ciblés pour détendre le plancher pelvien.


Même après une chirurgie visant à retirer des foyers d’endométriose, la physiothérapie est utile. Adrien Bauer se concentre d’abord sur le travail des cicatrices: «Elles sont petites mais profondes. Pour éviter les tensions ultérieures, nous massons les tissus». Ensuite, le renforcement musculaire et la mobilité sont travaillés: « Nous voulons entraîner les muscles, car une musculature forte protège le dos et le corps. La patiente peut ainsi reprendre des activités sportives qu’elle avait abandonnées à cause de la douleur ».


Le laser: petit mais efficace


Outre les techniques manuelles, Adrien Bauer utilise un outil particulier: le laser. Petit et discret, il offre pourtant des résultats probants. La laserthérapie, non invasive et indolore, est utilisée depuis plus de dix ans pour les tendinites, blessures musculaires, douleurs articulaires ou arthrose. «Des études montrent qu’il réduit le temps de cicatrisation. Pour une entorse ou une fracture, on gagne jusqu’à 30% de temps par rapport aux traitements classiques».


Le laser est appliqué de l'extérieur sur le ventre et utilise le rayonnement infrarouge. © PHOTO: Marc Wilwert
Le laser est appliqué de l'extérieur sur le ventre et utilise le rayonnement infrarouge. © PHOTO: Marc Wilwert

Le laser stimule l’activité cellulaire, désensibilise les récepteurs de la douleur et calme les inflammations chroniques. Ces effets sont utiles dans l’endométriose: «Le laser utilise des rayons infrarouges pour réduire les inflammations et stimule la production de collagène, favorisant la cicatrisation des tissus». Il est suivi d’une thérapie viscérale pour mobiliser et libérer les adhérences.


Adrien Bauer rapporte de bons résultats: «Dans une étude expérimentale sur une douzaine de patientes, nous avons constaté une diminution de 80% des symptômes douloureux après six séances, deux fois par semaine»..


Il raconte le cas d’une patiente passionnée d’équitation, limitée par l’endométriose. Après l’ablation d’un endométriome de la taille d’un poing, la douleur persistait. «Plusieurs séances de laser et des traitements du ventre et du dos lui ont permis de remonter à cheval. C’était très émouvant».


Il est important de savoir que la thérapie nécessite un suivi régulier, la maladie ayant un fort taux de récidive. Le coût du laser reste élevé, et peu de praticiens en disposent. Adrien Bauer souhaite populariser cette méthode et a présenté ses résultats à des gynécologues, sans retour pour l’instant.


La thérapie au laser est une méthode de traitement non invasive et indolore utilisée depuis plus de dix ans. Elle est principalement utilisée pour traiter les tendinites, les blessures musculaires, les douleurs articulaires ou l'arthrose. © PHOTO: Marc Wilwert
La thérapie au laser est une méthode de traitement non invasive et indolore utilisée depuis plus de dix ans. Elle est principalement utilisée pour traiter les tendinites, les blessures musculaires, les douleurs articulaires ou l'arthrose. © PHOTO: Marc Wilwert

Le mouvement rompt le cercle de la douleur


La physiothérapie n’est qu’une partie d’une approche multimodale de la douleur, considérée comme la plus prometteuse. Elle combine différents traitements: hormonothérapie, analgésiques, alimentation anti-inflammatoire et activité physique. De nombreuses études confirment que le mouvement peut rompre le cercle de la douleur.


Adrien Bauer recommande des pratiques modérées comme le Pilates et le yoga. Le yoga soulage les douleurs par des mouvements doux, des étirements et la relaxation pelvienne. Le Pilates vise à renforcer le tronc, favorisant la posture et stabilisant la colonne vertébrale.


Le physiothérapeute conseille aussi des exercices respiratoires pour activer le système parasympathique, responsable de la détente et de la récupération. Adrien Bauer indique: «Allongée, jambes pliées, mains sur le ventre, respirer profondément. Le ventre se gonfle à l’inspiration et s’abaisse à l’expiration. Quelques minutes par jour suffisent. L’important est la régularité». L’objectif est ainsi de retrouver un corps allié, et non un adversaire.


Cet article a été publié initialement sur le site du Luxemburger Wort. Il a été traduit à l’aide d’outils d’intelligence artificielle qui apprennent à partir de données issues de traductions humaines, puis vérifié par Simon Martin. L'article est également disponible sur le site virgule.lu.

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